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Londres, novembre 1920.

Le Royaume-Uni, encore choqué par la Grande Guerre, attend le rapatriement de la dépouille du soldat inconnu et permettre à l’ensemble du pays de communier et de faire le deuil de l’invraisemblable boucherie.

Avec beaucoup de finesse, Anna Hope nous raconte à travers le destin de trois femmes la vie de l’après guerre, l’ambiance morose du deuil et du besoin de renaissance d’un peuple.

Au fil de pages, nous découvrons les vies d’Ada, Evelyn et Hettie pendant les 5 jours qui précèdent la cérémonie du Soldat Inconnu. Chacune, mère, sœur et fiancées d’anciens combattants, a été touchée et meurtrie au plus profond d’elle-même, mais qui continue à vivre malgré tout.

Ada voit Michael, son fils mort au front, partout. Le fantôme de Michael la hante et le chagrin la transforme en automate qui ne voit plus son mari, bien vivant. Culpabilité d’une mère d’avoir laissé son fils aller à la mort, et douleur de la perte cohabitent.

La jeune Hettie, pleine de vie, ne sait comment réagir au traumatisme de son frère, ancien combattant, incapable de reprendre une vie normale. Hettie doit gagner de l’argent pour faire vivre son frère et sa mère. Son job ? Accompagner tous les soirs d’anciens soldats sur la piste du Hammersmith Palais pour six pence la danse.

Enfin, Evelyn dont le fiancé est mort sur le front, s’interdit de vivre, travaille dans un bureau de pensions de vétérans, et devient amère au point d’ignorer l’espoir et la vie qui réapparait autour d’elle.

Chacune doit faire son deuil, à sa manière, avec ses souvenirs et parfois ses secrets. Chacune doit apprendre à parler, à comprendre et  réapprendre à vivre dans une après-guerre du silence, de la détresse morale des anciens combattants et de la reconstruction d’un pays et d’un peuple.

Un premier roman d’une grande maîtrise qui laisse présager une belle carrière littéraire à cette jeune autrice ! Merci à Babelio et à Gallimard pour cette belle découverte !

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