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Dans Condor, Caryl Férey nous plonge dans un Chili des années 2010, plombé par une réalité sociale et politique désenchantée, 25 ans après la fin du régime dictatorial de Pinochet.

A Santiago où règnent pauvreté, drogue, richesses exubérantes et privilèges hérités, Gabriela, jeune Mapuche passionnée de cinéma, rencontre Esteban, avocat ‘spécialisé dans les causes perdues’ et fils d’une grande famille à la réputation contestable.

Gabriela porte le poids de ses origines Mapuche et de la pauvreté omniprésente de son quartier d’adoption. Esteban, de son côté, traîne un mal de vivre ; renié par sa famille, il est plus intéressé par la littérature, la ‘défense de la veuve et l’orphelin’ et le chanteur Victor Jara, assassiné par la junte après avoir eu les doigts tranchés à la hache.

Cette histoire d’amour entre ces deux êtres aux antipodes se déroule dans les bas-fonds de Santiago avec sa pauvreté, sa violence et sa drogue, et surfe sur l’histoire traumatisante du Chili.

Tout commence avec le meurtre incompréhensible du fils d’un ami de Gabriela à la Victoria, quartier pauvre de Santiago.

L’enquête au côté d’Esteban les mène au milieu des bidonvilles des adolescents SDF, entre les ordures et les vapeurs de colle, jusqu’au désert d’Atacama…

Condor est un roman noir engagé (plutôt à gauche), dans un style plus proche d’un très bon scénario que d’un roman. On se laisse cependant porter, comme dans un road-trip, à vive allure, à travers le Chili, par une intrigue bien ficelée et bien documentée, parsemée de gens authentiques !

J’avoue m’être laissé embarquer, à mon insu, chez les Mapuches, dans le Chili perclus de fêlures post-dictatoriales, de contradictions de la vie moderne et les traditions, de l’avidité de certains et leur besoin de domination. Condor est malgré tout un beau message d’espoir de reconstruire le Chili par ceux qui n’ont pas connu la dictature.

Merci à Babelio et aux Editions Gallimard pour cette découverte littéraire et surtout la rencontre avec l’auteur !

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